RÉFLEXION SUR LE TÉMOIGNAGE DE JEAN BAPTISTE 

« VOICI L’AGNEAU DE DIEU! » Tel est le thème de notre méditation en ce deuxième dimanche du temps ordinaire A. En effet, en voyant Jésus, Jean le Baptiste déclare : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde… »! Voilà un témoignage digne de prophétie de celui qui était chargé d’annoncer le Messie, en tant que son précurseur et en tant que le dernier prophète de l’Ancien Temps et le prophète qui inaugure les Temps nouveaux.

« Voici l’Agneau de Dieu » est une révélation de l’identité, de la nature et de la mission de celui qu’il avait baptisé quelques jours auparavant! Il est l’Agneau de Dieu, celui qui enlève le péché du monde… ». Il y a lieu de penser ici à ce qu’on appelait « le bouc émissaire » dans les religions et traditions anciennes. Celui-ci était chargé des péchés des hommes et renvoyés errer dans le désert en y apportant ces péchés.

En effet, pour le cas du peuple d’Israël, c’était pendant la fête annuelle juive du Grand pardon ou Jour de l’expiation connue sous le nom de Kippour dont le rite était la purification pour que Dieu pardonne les fautes du peuple. Elle se célébrait au mois appelé « Tishri » par les Juifs (entre le mois de septembre et octobre de notre calendrier). Durant cette célébration, deux boucs étaient sacrifiés pour le peuple : Un premier bouc était offert en sacrifice pour le Seigneur. Son sang est versé par le Grand-Prêtre; c’est le seul jour où celui-ci entre dans le Saint des Saints du temple. Le second bouc « pour Azabel » (le démon), est chargé de tous les péchés du peuple et chassé dans le désert en les y emportant (le bouc émissaire est ainsi devenu le symbole du rejet d’une responsabilité collective sur un innocent). 

Il va sans dire qu’en désignant Jésus par l’Agneau de Dieu, Jean Baptiste évite sciemment d’appliquer à Jésus le terme de « bouc » en référence à la prophétie d’Isaïe qui désigne le Messie comme un Agneau innocent et doux que l’on emmène à l’abattoir sans oser ouvrir sa bouche, contrairement au bouc qui de nature n’est pas docile et combat quiconque veut lui faire du mal. Jésus est donc cet Agneau si doux qui accepte sans regimber son sort : « Ma vie, nul ne me la prend… » (Jean …). Dans ce cas, Jean Baptiste le présente comme cet Agneau pascal par lequel le peuple d’Israël quitte l’état d’esclavage en Égypte pour la terre de liberté, la terre promise, en d’autres mots, de l’État de la mort à celui de la vie. Une autre façon de désigner la mission de Jésus Christ, le Messie tant attendu, c’est de saisir le sens exact de ce qu’on appelle « un sacrifice d’holocauste » par lequel la victime se consume totalement.

Le Jésus de Jean Baptiste est le Messie souffrant du prophète Isaïe qui le présente comme « Un Serviteur souffrant » à qui il compare à l’agneau que l’on emmène à l’abattoir et dont le sang allait expier le péché du peuple d’Israël en général, et de tout homme pécheur en particulier; le Jésus qui accepte de mourir pour ceux qui s’étaient éloignés de l’amour de son Père, est du sang et du rang divin, « Dieu né de Dieu », « Lumière né de la Lumière », « de la même substance et nature que Dieu le Père », et dont la mission s’accomplit par l’Esprit Saint.

Voici comment Jean Baptiste présente l’identité divine du Messie dont il est le héraut : « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et il demeura sur lui » en vertu de la prophétie qu’il avait reçue de Dieu : « Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-ci baptise dans l’Esprit saint ». Pour Jean Baptiste, « voici l’Agneau de Dieu » renvoie au Messie si attendu par le peuple d’Israël est le Fils de Dieu qui, par son sang divin, il a réussi à réconcilier le monde déchu à son Père.

En d’autres mots, il faut ici affirmer avec certains Pères de l’Église que le péché du genre humain avait tellement causé des dommages dont la conséquence était l’éloignement de l’homme, aussi loin que possible de son Dieu que ni le sang des animaux (bœufs, béliers et agneaux), ni celui d’un homme (normalement un esclave que l’on immolait pour le peuple) n’était plus capable de réparer. Il a fallu le sang divin pour éloigner du genre humain le courroux de Dieu sur l’humanité et toute la création. Saint Paul le dit bien en précisant que Jésus lui-même s’est fait péché pour que son Père puisse le traiter comme tel en vue de se réconcilier le monde déchu. Pour cette raison, Ambroise disait : « O Felix Culpa quae talem et tantum meruit habere Redemptorem – Heureuse faute qui nous valut un tel Rédempteur! »

Donc, la faute d’Adam et Ève que Saint Augustin a appelé « le « péché originaire » a tellement éloigné les hommes de Dieu, ( alors qu’être loin de Dieu c’est mourir selon toujours Saint Augustin) qu’il a fallu que Dieu recrée de nouveau ce qu’il avait créé pour faire de son Fils ( Vainqueur de la Mort – celle-là occasionné par le péché de l’homme) – et bien sûr du péché ( celui d’Adam et Ève, en soi la désobéissance et la rébellion de l’homme contre son Dieu)- le premier- né de la création nouvelle en la place d’Adam, le premier homme de toute la création. C’est grâce à l’obéissance du Fils, à son sang répandu pour nous et surtout à sa résurrection qu’avec Lui et en Lui nous devenons l’homme nouveau qui est cette fois-ci capable de nouer de relation d’amitié et de filiation avec Dieu. Il a vaincu le péché, pour qu’à mon tour je puisse me libérer du péché et rester éternellement uni au Père. C’est en cela que consiste « La vie éternelle » que je commence dès ici-bas avec mon baptême, union totale au Christ mon Rédempteur.

Par contre, il faut que nous gardions en notre mémoire la pensée pleine de sagesse de Saint Augustin : « Dieu t’a créé sans toi, il ne te sauvera pas sans toi ». En d’autres mots, même si le Christ est mort pour nous, il nous a réconcilié avec Dieu son Père, il faut que nous, en tant que les Chrétiens (c’est-à-dire ceux qui appartiennent au Christ), nous aidions le Christ pour sauver définitivement le monde. Dans ce cas, chaque chrétien et chrétienne pourrait être appelé « un co-rédempteur » du Christ.

Abbé Emmanuel Ngiruwonsanga, Ph. D.

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