RÉFLECTION  SUR L’ÉPIPHANIE

 Mes chers frères et sœurs dans le Christ,

Nous prolongeons la joie de Noël avec la fête de l’Épiphanie. Cette fête est communément appelée la visite des Rois Mages, ce qui n’est pas faux, mais que je considère incomplet puisque la signification de l’Épiphanie va au-delà de cette visite. Premièrement, elle souligne l’initiative de Dieu qui décide de se révéler aux hommes tout en entrant en histoire avec eux. Voilà le sens exact de l’Étoile de Bethléem qui a guidé les mages jusqu’à la crèche.  En d’autres mots, l’Épiphanie c’est Noël rendu public et étendue aux dimensions du monde, surtout le monde païen, le monde des savants et des grands de ce monde. Ne voyez-vous pas la raison qui a fait que cette fête se place après la visite des bergers à l’Enfant de la crèche; une révélation de Dieu aux bas peuples, les bergers? Les Anges se sont adressés aux bergers, la classe du bas peuple de Judée, ce qui veut dire qu’en premier, Dieu se révèle aux petits, aux laissés- pour compte de la société d’Israël.  Il faut remarquer que l’Épiphanie comme une fête liturgique ne date que du Moyen Âge.

Je voudrais d’abord vous rappeler que c’est Origène qui vécut au 2e et 3e siècle qui a proposé la théorie de « trois rois mages » – alors que l’évangéliste Mathieu, par ailleurs le seul évangéliste à parler de l’Épiphanie n’avait parlé que des mages sans préciser leur identité. En se servant du nombre des cadeaux que les mages ont présentés à l’Enfant-Jésus (Mathieu 2,11) et en interprétant le psaume 72,10. 11.15 dont voici le texte :

Les rois de Tarsis [peut-être l’Espagne] et des Iles [les pays situés outre-Méditerranée] enverront des présents : les rois de Saba (le sud de l’Arabie) et de Séva [une partie de l’Éthiopie] paieront le tribut. Tous les rois se prosterneront devant lui, toutes les nations le serviront…Qu’il vive! On lui donnera de l’or de Saba, on priera pour lui sans relâche, on le bénira tous les jours.

À partir d’Origène, la tradition s’est établie si bien qu’au 6e siècle l’on parlait de trois rois Mages, et au Moyen Âge (15e siècle), non seulement, on précisait déjà leurs noms et leur race : Gaspard (de race jaune) Melchior (de race blanche) et Balthazar (de race noire) mais également on les vénérait déjà comme des saints. Cette diverse origine symbolisait l’ensemble de l’humanité dont les rois sont venus jusqu’à Bethléem adorer et vénérer le roi de l’univers qui venait de naître.

Quant à l’Épiphanie elle-même, est une fête qui commence à se fêter en Orient au 6e siècle, où depuis l’origine, elle se célèbre toujours le 6 janvier, tandis qu’elle se célèbre le premier dimanche qui suit le 1e janvier. L’Épiphanie a pour sens de la manifestation publique et au monde entier de la venue de Dieu lui-même en la figure d’un petit garçon né à Bethléem, la ville de David. Il est le fils de David à la tribu de Juda selon la bénédiction de Jacob (Israël) à son fils Juda avant de mourir en Égypte. Le petit garçon couché dans la mangeoire dans la crèche à Bethléem n’est pas un bébé quelconque, c’est un Dieu qui s’est fait petit pour entrer dans l’histoire des hommes. Il est roi de tout l’univers (d’où le sens de l’offrande de l’or et la prosternation de ces trois mages devant lui), il est également le Grand prêtre dont la mission est d’unir les hommes à son Père comme un prêtre joue l’intermédiaire entre Dieu et son peuple (d’où le sens de l’encens que les rois mages lui offrent). Comme Grand prêtre extra - ordinaire, il offre des sacrifices pour les péchés du monde, lui-même n’ayant point de péchés, jusqu’au sacrifice suprême de lui-même pour le rachat du monde peccamineux. Il est enfin, le prophète par excellence dont toute parole vient de Dieu lui-même en plus d’être le Verbe du Père. C’est pourquoi il a reçu en cadeau la myrrhe autrefois utilisé par les prophètes pour consacrer, également c’est de lui qu’est consacré l’huile chrismale qui sert à consacrer les objets et les personnes sacrés et consacrés, mais par-dessus tout, et la myrrhe était utilisée pour embaumer les corps. Dans ce cas, l’offre de la myrrhe par les Mages symbolise sa mort, et surtout son sépulcre qui s’est fait sans le rite d’embaumement.

Enfin, j’aimerais terminer cette réflexion par la pensée d’un penseur français bien connu du Moyen Âge : Blaise Pascal. Selon lui, il existe dans ce monde trois sortes de personnes : - celles qui ont déjà trouvé Dieu et le servent jour et nuit; - celles qui n’ont pas encore trouvé Dieu et le recherchent encore et; - celles qui vivent sans rechercher Dieu et qui ne l’ont même pas trouvé. Les premières sont raisonnables et heureuses; les secondes raisonnables, cependant, elles ne sont pas heureuses tandis que les dernières sont des folles et pas du tout heureuses. Toutes ces personnes sont rencontrées dans l’Évangile d’aujourd’hui :  Parmi les folles et « les pas du tout heureuses » se trouve le Roi Hérode dont le cœur est déchiré de la jalousie et de la peur de céder son trône royal à un vrai fils d’Israël. D’après ce qu’il dit aux rois mages, il prétend rechercher Dieu alors que ce qu’il veut en réalité, c’est tuer l’Enfant-Jésus.

 

L’Évangile nous présente également les personnes qui ont déjà trouvé Dieu et qui sont contentes et heureuses. Il s’agit de la Vierge Marie et de Saint Joseph. Ils ont accepté de coopérer avec Dieu pour le salut du genre humain. Toutefois, entre les deux personnages mentionnés se trouvent les rois mages. Ils représentent toutes les personnes qui recherchent Dieu avec un cœur sincère, et de fait, guidés par l’Étoile de Bethléem, ils l’ont trouvé dans la crèche à Bethléem. L’ayant trouvé, non seulement ils se sont prosternés devant lui, non seulement ils l’ont adoré comme on adore Dieu, mais également, ils lui ont offert ce qu’ils avaient de plus précieux dans leurs vies : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

Probablement que nous devrions essayer de ressembler à Marie et Joseph, en ne rien préférer à Jésus, le prince de la paix et le sauveur du monde. Ils le gardaient silencieusement dans la mangeoire. C’est cela que nous appelons adoration. Si ce n’est pas possible, essayons de ressembler au moins aux rois mages en recherchant Dieu et en le trouvant en lui offrant le cadeau le plus précieux, notre vie, notre corps, et notre famille comme sa demeure, disons mieux comme son palais d’autant plus qu’il est le roi de l’univers. Donc, mettons le Christ au centre de notre vie, et à son tour, il sera vraiment tout pour nous.

Dimanche 5 janvier 2020 A

Abbé Emmanuel Ngiruwonsanga, Ph. D.  

Paroisse Nativité De la B.V.M.

Tel.: 613-932-7505

Téléc.: 613-932-2123

Courriel: paroissenativite@gmail.com

site web:www.laparoissenativite

220, chemin Montréal,

Cornwall, On

K6H 1B4

  • Grey Instagram Icon
  • Grey YouTube Icon
  • Grey Facebook Icon