MÉDITATION SUR LE SENS RELIGIEUX DU NOUVEL AN

Aujourd’hui, je vous souhaite une bonne, heureuse, sainte et très bénie année 2020. Que l’année que nous venons de commencer soit pour chacune et chacun d’entre nous une année toute bénie, une année durant laquelle nous faisons du Christ « le centre de notre vie », « le centre de notre préoccupation ». Puisse le Christ Jésus être notre ami fidèle! 

 

Il y a donc des raisons de choisir Jésus comme notre unique sauveur et guide vers notre destinée finale : vivre éternellement avec Dieu.

En effet, la liturgie d’aujourd’hui nous propose la solennité de Marie, Mère de Dieu. Le terme théologique pour cette fête est la Théotokos dont la signification se trouve dans la théologie de l’Incarnation : un Dieu qui accepte de naître d’une femme vierge! Ici gît le mystère de notre rédemption comme nous allons le voir en partant des conceptions populaires et mythologiques dont se servaient les religions non abrahamiques (Judaïsme, Christianisme et l’Islam) pour expliquer la naissance des dieux dans le monde des hommes pour la fécondité de leurs terres, de leurs forêts (pour la chasse) et des rivières ( pour la pêche).

   

Les mythologies anciennes parlent des déesses qui donnaient naissance aux dieux sans l’intervention de la semence humaine. Ces déesses devenaient donc les mères des dieux – les théothokoi’, mais en même temps, la mère de la terre, de laquelle naissent les hommes, les animaux et les végétaux, bref, l’origine commune de tous les éléments du monde. Ne voit-on pas ici une inspiration à ce que le pape François appelle la « Terre- Mère », dans son encyclique Laudato Si’ sur l’écologie (juin 2015)? Ne pourrait-on aussi voir l’inspiration du pape Paul VI qui, à la suite du Concile Vatican II, décide que la fête de la solennité de Marie- Mère de Dieu soit célébrée chaque premier jour de l’année en même temps que le jour international de la paix?

Ce qui est envisagé, en effet, c’est de faire de cette solennité un jour du nouveau départ nous rappelant que Celui qui est né de Marie, un être humain comme nous, sans l’intervention d’aucune semence humaine, est non seulement, le Fils de Dieu et Dieu lui-même, mais il est aussi notre frère par son origine divino-humaine. C’est en cela que consiste pour nous la Bonne nouvelle car le Christ, étant vraiment homme et vraiment Dieu, - en tout semblable à nous excepté le péché -, vient nous montrer le chemin qui conduit à son Père – notre Père aussi. Il nous invite à le joindre sur le chemin qui conduit au vrai bonheur et à la destinée finale de tout homme : la vie éternelle qui se plonge dans la vie divine, c’est-à-dire celle de Dieu lui-même.

Cette révélation du Dieu personnel qui veut nouer des relations avec chacun/ne d’entre-nous, corrige cette conception mythologique d’après laquelle les déesses donnaient naissance aux dieux et aux hommes sans qu’il y ait concours de la semence humaine : la parthénogénèse. C’est par exemple le cas de la naissance de Héphaistos né de Héra sans intervention d’aucune semence mâle dans la mythologie olympique. La même conception se rencontre également dans des nombreux mythes et des nombreuses croyances populaires sur la naissance des hommes sur la Terre, l’accouchement sur le sol, le dépôt du nouveau-né sur la terre, etc. La vraie signification en ce qui concerne l’homme par exemple est que « Né de la Terre, l’homme, en mourant, retourne à sa mère ». Du côté de la divinité, cela signifie que la divinité présente des affinités et la parenté avec les hommes et l’univers. 

Si la mythologie ancienne voulait expliquer comment on fait entrer dieu dans l’histoire qui est cyclique et qui débute toujours avec le premier janvier, une journée ou les dieux de la fécondité doivent se sacrificier pour rendre fertile le sol et les mers qui produisent des poissons, la solennité de Marie - Mère de Dieu va au-delà de ces explications d’origine purement imaginative de l’homme. En effet, avec l’Incarnation, c’est Dieu qui prend l’initiative de descendre, de prendre chair de la chair humaine sans le concours de la semence humaine (la parthénogénèse). Dieu entre dans l’histoire pour en diriger le cours et en même temps lui donner un sens ultime : vivre avec Dieu et vivre pour Dieu. Voilà le fil conducteur de ce qui doit être l’objectif de la vie durant cette année que nous avons commencée.

 

Chaque début de l’année, notre mère l’Église dans sa pédagogie, tient à nous rappeler notre origine divine ( né de la pensée de Dieu) et notre destinée divine, puisque Dieu, le Créateur, a voulu partager notre condition humaine, afin qu’à notre tour, nous soyons embrasés par le feu divin qui nous transforme en des êtres qui se divinisent petit à petit au fur et à mesure que nous accueillons le Dieu -Emmanuel qui est venu chez nous, engendré par un de nous, la Vierge Marie, que nous célébrons aujourd’hui comme la Mère de Dieu, la Théotokos.

Je vous souhaite encore une fois une année heureuse, de joie, de paix, et de prospérité qui promeut à la vie éternelle dont les germes sont anticipés dans l’Eucharistie de chaque dimanche. C’est le Banquet auquel assisteront définitivement ceux qui auront accepté de marcher avec Jésus, l’enfant né de la Vierge Marie.       

     

Le 1 janvier 2020

 

Abbé Emmanuel Ngiruwonsanga, Ph.D.

Paroisse Nativité De la B.V.M.

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